Donner des cours

Donner des cours : vrai ou faux ?

Bonjour,

Nous avons fait un premier tour d’horizon des inconvénients que pouvait présenter le fait de donner des cours. Aujourd’hui, je voulais poser la réflexion sous une autre forme et surtout infirmer ou contester certains mythes ou légendes urbaines qui accompagnent parfois les projets de dispenser des cours de pâtisserie.

Vrai ou faux

1) Il faut un diplôme pour donner des cours

Faux. Donner des cours de pâtisserie ce n’est pas vendre des gâteaux. Ceci étant, vous ne pouvez prétendre former à un diplôme que vous n’avez pas. De plus, l’obtention de diplômes ont certaines exigences qu’il convient de très bien connaitre avant de vouloir les enseigner. Bref, donner des cours et former au CAP n’ont juste rien à voir…

2) Le marché des cours de pâtisserie et des ateliers de cake design est saturé

Faux. Tout le monde propose la même chose, c’est donc bien qu’il y a encore un marché à couvrir. De plus, la pâtisserie (au même titre que la cuisine) reste une valeur sûre. Il y aura toujours des gens qui voudront apprendre ça.

3) Monter une entreprise pour donner des cours, c'est simple

Vrai et faux mais surtout faux. Enfin selon mon expérience. L’essentiel, comme toute création d’entreprise, c’est d’avoir un fil conducteur, de ne pas se précipiter et d’y aller étape par étape. Je crois surtout qu’il ne faut pas se noyer dans un verre d’eau et commencer petit, et accepter de revoir ses ambitions initiales à la baisse sous peine de ne jamais se lancer.

4) Pour donner des cours, l'investissement est systématiquement lourd

Faux mais ça peut être vrai. Encore une fois, je reviens sur l’importance d’avoir une vision pratique des choses: en effet, si se lancer signifie avoir, dès le début un laboratoire aux normes, en pleine rue centrale, avec 6 postes de travail complets… cela devient vite une arlésienne. Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas de matériel pour donner des cours , je dis juste qu’avant de vouloir proposer tel tel ou tel cours, il faut revoir les moyens à disposition . Il ne s’agit pas de faire l’inverse: décider de donner tel ou tel cours et ensuite seulement, constater que ça demander trop de matériel.

5) Donner des cours c'est hyper rentable

Vrai. Mais cela peut être facilement faux. Comme pour celui qui vend un gâteau, celui qui donne un cours, à deux ennemis: la consommation de matières premières et le temps. Si il y a un de ses deux paramètres que vous ne gérez pas, votre cours ne sera pas rentable. Et vous savez quoi ?  Le plus vicieux c’est le temps ! Parce que le temps perdu se cache absolument partout. Donc beaucoup diront  » j’ai mis de telle à telle heure, donc c’est rentable. MAIS quand on considère l’avant (ex: le temps passé à commander des choses), et l’après (le temps passé à ranger, à nettoyer), la rentabilité est tout de suite moins évidente

6) Pour donner des cours, il faut de l'espace

Vrai… à voir. Tous les cours ne nécessitent pas la même surface de travail. Globalement, travailler dans un rectangle de moins de 40cm par 60cm de large est confortable. Je parle d’espace « de travail » (donc complètement libre). Le sujet mériterait que je sois plus précise, soit. Mais oui, ça prend de la place, sauf que encore une fois, tout dépend du cours: une plaque pâtissière domestique est bien plus petite, par exemple. Donc si le travail tient sur une plaque pâtissière, il convient de considérer autrement l’espace.

7) Tout le monde peut donner des cours

Faux, il faut en avoir envie et vouloir partager.  Je pense qu’il faut aimer ça avant d’avoir essayé même …

8) Pour donner des cours, il faut avoir assisté à un cours

Me semble t’il que c’est essentiel !!! Pas tant pour apprendre la technique, donc pas forcément besoin d’avoir été « élève », mais au moins observateur, ne serait ce que pour voir, avoir du recul par rapport à l’organisation (ce que le prof fait de bien, ou moins bien en termes d’organisation, ce que les participants attendent ou pas, comment le temps passe…). On peut aussi apprendre sur le tas, mais on part de plus loin, quand même…

9) Pour donner des cours, il faut être connu

Faux, là encore… Tout dépend de vos objectifs: un atelier de 6 personnes par mois ou bien un de 10 personnes par semaine ? Quoi qu’il en soit, souvent on commence petit et au fur et à mesure la demande augmente. Ce n’est pas cadeau, il faut bosser pour se créer une « clientèle », ça demande du temps, et des gâteaux mais attendre d’avoir suffisamment de notoriété n’a pas de sens. A partir de quel moment se dit on « ok, c’est bon, je suis assez connue maintenant  » ? Parce qu’on reçoit assez de demandes ? Et tous les gens intéressés bien avant mais qui n’ont jamais osé demandé, on en fait quoi ? Proposez, donnez envie et laissez les gens disposer.

10) Pour fixer ses prix, il suffit de regarder le marché

Euh… Bah faux. Décidément, que de clichés faux !! Le marché c’est bien mais derrière le prix d’un atelier, vous ne savez ni le travail fourni, ni l’équipement, ni le temps nécessaire, ni les conditions, ni plein de choses… Par exemple, il m’est arrivé de faire des ateliers à 40 euros pour 4 heures. Mais uniquement parce que ces ateliers étaient en fait des tests donc j’ai cassé les prix pour être sûre d’avoir assez d’élèves. Autrement, je n’aurais pas proposé un atelier à ce prix là. Si quelqu’un s’aligne et prenant ce chiffre comme référence… c’est juste hyper dommage pour lui quand même.

Voilàààà, j’espère qu’avec ceci vous y verrez un poil plus clair.

A bientôt !!!

Donner des cours de pâtisserie: quels inconvénients ?

Hello people !!!

Il y a quelques jour, je parlais des obstacles administratifs, matériels et comportementaux auxquels l’on pouvait se trouver confronté quand on veut donner des cours. Aujourd’hui, on est plus sur le « et après ? ». Quand on s’est lancé, quels sont les inconvénients des ateliers ?

Pffff autant vous dire que je me suis un peu creusé la tête pour trouver des inconvénients aux ateliers. j’ai tellement aimé ça que je crois ne pas être complètement objective. Mais bon, avec un peu de recul, si je devais donner des inconvénients au sujet des cours, ce serait ceux-la, parce qu’après tout, les cours, c’est comme tout, c’est pas complètement cadeau non plus.

Inconvénients des ateliers de pâtisserie et cake design

  1. La préparation des cours est lourde: elle peut être lourde, vraiment. Il n’y a pas d’atelier sans préparer des choses à l’avance : et donc tu y passes du temps (pesées, travail sur du semi fini etc..). Au passage: le temps de préparation est assez significatif pour devoir être compté dans la rentabilité globale.
  2. Les ateliers c’est physique: les métiers de bouche sont physiques, ne serait ce que parce que tu es debout tout le temps, donc après tout, pourquoi pas les cours ? Enfin perso, je ne connais que peu de « profs » qui restent tout le temps assis. Ceci dit, plus les élèves ont un niveau avancé, plus ils sont indépendants, moins tu passes de temps debout.
  3. Il y a moins de place pour les « loupés »: louper ça a toujours un coût financier ou temporel, mais qui ne concerne que ton temps. Sauf qu’en cours, un loupé consomme le temps de tout le monde. Un loupé impact le groupe. Je ne dis pas que ça ne se rattrape pas et que c’est fatal, mais c’est potentiellement plus pénalisant, au global
  4. La gestion du temps doit être rigoureuse… et en même temps passer inaperçue: parce qu’il y a quand même un paramètre détente, et personne n’a envie de payer un atelier pour entendre trop souvent « allez, vite vite vite », enfin ça c’est dans les cours pour les pros, mais c’est pour apprendre à travailler vite. Donc voilà, permettre à tout le monde de se détendre, de papoter juste assez… mais finir à l’heure.
  5. Les ateliers se déroulent sur les périodes de temps libre: le week end, le mercredi, le vendredi… le soir éventuellement. Et bien que le « prof » ait le champ libre pour placer ses cours (ce qui est moins le cas quand tu veux vendre), il n’en demeure pas moins que certaines périodes (minoritaires) sont creuses. Reste à les exploiter correctement.
  6. En atelier tu ne peux pas transmettre autant que tu le voudrais: parce qu’il y a un cadre, un sujet, des élèves d’un certain niveau, et par dessous tout une limite dans le temps. Donc tu n’as pas le temps de forcément entrer dans le niveau de détail que tu souhaiterais. L’essentiel reste quand même de faire passer les messages clés dans le temps imparti.
  7. L’atelier se prolonge une fois qu’il est fini: il est normal d’assurer une forme de S.A.V, de répondre aux questions de personnes intéressées, de gérer la relation avec les gens qui sont venus et qui ont encore des questions… Et ça aussi cela demande du temps.

Voilà… finalement ce ne sont que des petites choses. Et elles sont TOUTES gérables , je vous l’assure !!! Continuez à suivre cette série, et bientôt, je vous dirai comment (en vidéo, sûrement 😉

A bientôt !