Donner des cours

Cake design: 6 idées d’ateliers à proposer à des adultes débutants

Bonjour,

Aujourd’hui, un article un peu plus pratique que les précédents. Je voulais montrer des idées d’ateliers que je trouve sympa et enrichissants à faire avec des débutants total en cake design.

Du coup, que faire faire à des débutants ?

Comment construire un projet pour débutant ?

C’est simple: un débutant, c’est par définition une personne qui cherche à acquérir ou parfaire ses bases. Certaines personnes qui commencent ne se rendent pas nécessairement compte qu’un gâteau décoré peut demander 6 heures voir plus, et certains même ne sont pas prêt à y passer tout ce temps. Donc mon avis est de partir sur globalement des choses qui servent de bases, ou de premier contact et que l’on pourra s’approprier par la suite, qui ne sont pas trop longues (4H c’est déjà pas mal).

Projet 1: la base de la base

La base c’est faire un bon gâteau. Oui… Selon ce dont on a envie, on décidera si apprendre à mélanger farine, oeuf, beurre, sucre a une réelle plus value. Une chose en revanche sur laquelle on ne peut pas couper, c’est le ganachage. Donc comme premier projet, je propose un gâteau simplement ganaché, non couvert, mais décoré avec de la pâte à sucre: noeud, fleurs… Désolée, je n’ai pas de photo, mais vous me suivez ?

  • Pourquoi ne pas couvrir et faire les angles droits ?  Par priorisation, parce que couvrir un gâteau + le décorer c’est long (compter 1h facile en atelier). Sur un atelier qui dure 3H c’est beaucoup, il faudrait en compter 4 à ce moment là.  A cela s’ajoute que quand on a bien ganaché, on peut déjà avoir des angles droits (même si ils ne sont pas parfaits), et aussi parce que les angles droits spécifiquement, ce n’est pas la base du cake design. C’est joli mais c’est une tendance australe-canadienne avant tout.
  • Qu’est ce qu’on enseigne: garnir et ganacher correctement, premiers contacts avec la pâte à sucre et/ou la gumpaste (ébauchoirs, petits modelages, découpes nettes, fleurs « simples »)
  • Quels avantages: idéal pour les gens qui n’aiment pas la pâte à sucre ou ne veulent pas en utiliser (et il y en a plein !!!),  l’atelier est « peu cher » et permet un maximum de personnalisation des gâteau. On peut montrer plein plein plein de décorations à faire avec la pâte à sucre (ou d’amande).
  • Combien de temps: 3H max (gâteaux faits à l’avance et froids) et avec 6 élèves (quand il y a plus d’élèves, c’est logiquement plus long)
  • Quelles variations: confectionner les gâteau (+30 minutes en atelier),  couvrir le gâteau (+1h en atelier) et bien sûr l’atelier est plus cher. On peut toujours prendre moins de temps, mais il me semble important de trouver un équilibre afin de ne pas « stresser » les participants.

Projet 2: focus sur les techniques dé décoration

L’idée de cet atelier est de rester focalisé sur les techniques de décoration propres: le cupcake n’est qu’un prétexte. Colorer, jouer avec nuances, faire de la peinture,  de la pâte à motif, pochoirs, noeuds, fleurs rapides, peinture, moulages en pâte à sucre ou en isomalt, fleurs en wafer paper… Tous les choix sont permis. Ok, il est pas à 100% débutant… quoique… un débutant qui fait des cupcakes comme ça 😉

Cupcakes
Source: internet

  • Qu’est ce qu’on enseigne: au bas mot une demi douzaine de techniques différentes de décoration, ce qui n’est pas nécessairement possible sur un gros gâteau.
  • Quels avantages: atelier ultra- ultra low cost (et/ou très rentable) et qui peut être « court » selon le nombre de techniques différentes, mais qui est plein de variété et donc qui peut être super enrichissant pour ce qui est des connaissances
  • Combien de temps ? 3H max pour les 9 cupcakes de la photo et avec 6 élèves
  • Quelles variations ? Je ne vois pas vraiment puisque cet atelier regroupe beaucoup de techniques

Projet 3: le grand classique, noeud et matelassé

Eh eh , oui, j’ai proposé cet atelier entre mi-2013 et 2014. Donc c’est surtout un grand classique pour moi en fait mais je crois qu’il fait partie des ateliers pour lesquels j’ai eu le plus de demandes.

  • Qu’est ce qu’on enseigne: vraiment des techniques de base (colorer la pâte à sucre, couverture coins droits, effet matelassé, premières manipulations de gumpaste, noeud nacré, roses et feuilles ruban, utilisation de moules en silicone, préparer un plateau..)
  • Quels avantages: cette atelier répond à bien des questions de base et permet d’avoir un gâteau « chic » qui peut être décoré différemment selon les occasions)
  • Combien de temps ? 3H30 et avec 6 élèves
  • Quelles variations ? L’effet matelassé en lui même est propice à plein de variations différentes. Je n’ai pas pris le temps de faire quelque chose sur le plateau mais c’est loin d’être impossible.

Projets 4 à 7: histoire de proposer des choses qui changent un peu…

J’ai un méga méga coup de coeur pour le 4 !!! Je le trouve vraiment idéal pour voir les choses différemment. Puis après tout, on peut très bien proposer des choses qui changent un peu aux débutants, ce projet en est la preuve…

Mon article est un peu long mais si vous souhaitez voir les 3 derniers projets dont il s’agit, cliquez ci dessous, je vous les envoie par mail.

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A bientôt !

Donner des cours de cake design: réflexions autour du prix des cours…

Hello,

En France, c’est culturel, on a du mal avec l’argent: l’argent, c’est sale. En demander: la honte, en avoir: la honte aussi, en gagner veut aussi dire se taire et quelqu’un en a ? On dira plus facilement que c’est un friqué, plutôt que de penser « il a ramé, mais si il l’a fait, je peux le faire ».
J’aime la France, mais sur ce point particulier, il suffit de passer 15 jours au Danemark ou aux USA pour se rendre compte qu’on a un soucis.

Du coup, quand il s’agit de vendre (des cours de pâtisserie ou de cake design), comment fixer un prix correct ?

Ne nous leurrons pas, il n’y a pas de formule magique, vraiment. Et dire le prix de tel atelier, c’est environ tant, ça a presque autant de sens que dire « un appartement ça vaut XXX euros.. » (quel ville, quel quartier, quelle superficie, neuf ou ancien, vendu meublé ? Viager ? ).
Aussi, je m’abstiendrais bien de commenter les pratiques en vigueur sans savoir ce qu’il y a derrière (enfin quoique…) mais plus utile, j’espère, je voulais vous faire part de quelques réflexions si vous devez fixer le prix de vos ateliers.

1) Tirer systématiquement les prix vers le bas n’a JAMAIS été une stratégie pérenne et intelligente

Là c’est la Livy « école de commerce » qui parle mais c’est surtout du bon sens. Systématiquement se placer moins cher que la concurrence, juste par espoir d’attirer plus de monde est parfaitement compréhensible sauf que si tout le monde fait ça, à terme, personne ne se rémunère. Si l’atelier est moins cher, il faut faire du volume pour compenser les pertes, qui dit plus de volume, dit plus de charges variables, plus de boulot, plus de fatigue (qu’il faudrait chiffrer, on aurait de belles surprises) et souvent donc, moins de revenus. C’est ballot !! Se brader, c’est ballot..
Je ne nie pas qu’il existe « une place de marché » mais attention aux comparaisons hâtives car..

2) Il faut savoir exactement ce que l’on propose…

Soit honnête avec toi même: est ce que tu proposes juste des trucs et astuces en passant, ou bien s’agit il de vraies solutions valables toute une vie. Car la valeur n’est pas la même, le coût non plus et les élèves non plus 😉 .

Il est indispensable, de faire comprendre que dans le prix de l’atelier se cache une accélération de la courbe d’apprentissage, et l’acquisition de techniques qui serviront toute une vie (donc un beau retour sur investissement de la part de n’importe quel élève). Si je prends mon cas, pensez vous que, 6 ans plus tard, je n’ai pas laaaargement amorti le premier cours que j’ai pris, quelque soit son prix ? Bah si, et je dirais même qu’il n’était pas assez cher quand je vois où j’en suis aujourd’hui.

3) Oser afficher son prix

Je n’ai jamais compris les gens qui proposent des ateliers mais n’en communiquent pas le prix genre « envoie moi un MP »: c’est par peur du jugement porté et/ou du fisc ? Si tu sais ce qu’il y a derrière tes cours, normalement, tu n’as aucun problème pour les vendre au prix. A moins que ce soit le travers culturel dont je parlais en intro. Charge à toi de savoir expliquer et justifier ce prix. Avec les bonnes explications/ justifications tes ateliers trouveront plus facilement preneur. N’aie pas honte.
Un atelier trop peu cher ne trouvera pas systématiquement son marché : je suis certaine qu’il existe des choses tellement nulles que même gratuites, personne n’irait. A l’opposé, à une valeur (élevée), les élèves associent des exigences: à toi d’y répondre. Et bien sûr, expliquer ton prix, ce n’est pas pareil qu’expliquer pourquoi la voisine est plus chère ou moins chère, ça, ce n’est pas élégant.

4) Si vraiment ta préoccupation est de faire du petit budget pour être accessible à plus de monde 

A ce moment là, fait-le intelligemment. Comme je disais dans le 1, des prix bas systématiquement, ce n’est pas viable. En revanche de manière ponctuelle, proposer un atelier moins cher que les autres peut s’avérer intéressant si tu t’en sers comme produit d’appel.  Je m’explique.

Je ne suis pas en train de te dire de faire de la m**** , de bâcler le truc, et de prendre 15 élèves en même temps. Je suis en train de te dire de réduire le contenu des cours aux strictes bases et de réduire la matière première que tu utilises pour que le cours te coûte moins cher et qu’il soit moins long.

5) Au final : la concurrence, le coût, la valeur, toi… comment trouver un juste équilibre par rapport à ce qui se fait.

Il n’y a pas 50 solutions:
– Soit tu es moins cher(e )que le marché. Pas tant pour attirer plus de monde, mais parce que tes ateliers « valent » moins pour telle ou telle raison.
– Soit tes ateliers sont au prix du marché : parce que c’est ce qu’ils valent tout simplement !
– Soit tes ateliers sont au dessus des prix du marché, mais à toi de savoir expliquer ce positionnement. C’est du « story-telling ».

Bref, après tout ça, où est ce que je voulais en venir.

Ne brade pas tes prix et ose !!! La meilleure manière de se différencier n’est pas le prix.

Je ne vais pas revenir sur mon (1), mais au delà, brader tes ateliers signifie aussi:
– prendre le risque de suer pour « rien »: imagine un atelier à 15e pour 4h. Tu penses vraiment qu’un élève va se dire « bon pour le peu que j’ai payé, j’ai eu ce que je voulais » ? FAUX… Il va autant te demander autant d’energie que quelqu’un qui aura payé 90€ donc
tant qu’à faire… et en plus, comme l’investissement sera faible pour lui, il est susceptible de faiblement s’investir. Je t’assure que plus un élève paye, plus il écoute et mieux il veut faire.
– prendre le risque de passer pour du cheap: il y une différence nette de perception entre le pas cher (dans le sens tarif acceptable) et le « cheap ». Le cheap n’a pas une bonne image, clairement.
– sous estimer la valeur de ton travail: non mais oh !!! Il faut oser dire que ton travail vaut tant, et donc, tu le vends à tant.
Ne t’auto-dévalorise pas, soit ton meilleur avocat, car dans le pire des cas, d’autres se chargeront de te dévaloriser.